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gueulante

12 december 2002 - 20:30

Backrooms: plaisir de la consommation ou consommation du plaisir


- Les back-rooms seraient-elles la résultante de la libération sexuelle et de la morale judéo-chrétienne ?

  • La surconsommation détruit-elle le phantasme ?
  • Back-rooms : lieu de recueillement ? Sinon pourquoi ce silence et ce manque d’humour ?

Arrivée à 20h au Kan’h... Une, deux , trois tables occupées... Humm, là, une place de libre... Tiens, il y a un joli juste à côté... Ça tombe bien... Allez hop ! Je m’installe... Un ami me rejoint, une soupe, un petit verre de vin rouge et on regarde arriver les gueulants et les gueulantes...

Affluence au Bar, le passeur de parole a quelques difficultés à donner le signal du départ... Mais le brouhaha faiblit : 3 questions plantent le décor.

Backroom art de vivre ou sexualité au rabais ? La backroom est-elle le résultat de la conjonction de la libération sexuelle et de la morale judéo-chrétienne ? Et les lesbiennes, pourquoi pas de backroom chez elles ?

J’articulerai la synthèse des propos autour de 4 thèmes, mais il s’agit, je l’admet encore et insiste toujours, d’une vision partiale et partielle : la différence homme/femme dans le rapport à l’activité sexuelle, l’opposition sexualité épanouissante/sexualité consommation, les backroom comme espace de liberté sexuelle ou comme espace honteux, et enfin, last but not least, capote or not capote ?

Premier thème abordé d’emblée... et vous les filles pourquoi vous n’avez pas de backroom ?

Et nous retrouvons ici les deux axes déjà rencontrés lors d’une gueulante précédente : les naturalistes et les constructivistes... Selon les premiers, c’est parce que les femmes ont des désirs sexuels différents : elles n’ont pas besoins d’aller lâcher leurs ovules à tout bout de champs comme le font les z’hommes avec leur sperme et leur compulsion à jouir. Selon les deuxièmes, il s’agit du résultat d’une socialisation et d’une pression extérieure : c’est pas bien vu pour une femme d’avoir envie de se faire un coup (car un homme - hétéro - qui „se tape plein de nanas”, c’est un Don juan ou, au pire, un coureur... une femme qui se tape plein de mecs... c’est „une marie-couche-toi-là” - pourquoi Marie, ca c’est un mystère - ou une salope - remarquons que chez les PD il n’est pas rare d’entendre : „Tiens, cette salope s’est encore tapé toute la backroom...”). Les femmes seraient éduquées à avoir une sexualité passive et dans le milieu, nous dit-on, il n’est pas trop bien vu d’avoir des partenaires multiples. Les femmes se doivent d’être romantiques.

Là, on glisse sur le deuxième thème qui va être structuré autour de de l’opposition „faire l’amour/baiser”. Cette opposition, je l’ai toujours trouvée curieuse et un peu manichéenne, mais elle sera reprise par une partie des gueulants et gueulantes : en gros, les backrooms, c’est le „Quick” et faire l’amour, c’est le „Comme chez soi”... Les backrooms, on y va par besoin, pour y trouver de la viande au kilo, anonyme de préférence, et on se sent pas léger quand, repus, on remonte... D’autres participants nuancent cette opposition et mettent en avant l’éventail des pratiques et des motivations : dans une backroom, on peut clairement (?), draguer un mec au bar et l’emmener - ou se faire emmener - pour une consommation sur place.

On quitte alors le registre du rapport anonyme. La backroom n’est pas seulement un lieu de consommation frénétique de bites, de culs et de corps, c’est aussi un lieu où les hommes se rencontrent et on peut y mettre du respect, de l’estime de soi et de l’autre.

Reste une question qui titille le passeur de parole... Pourquoi ce silence ? Pourquoi ce manque d’humour ? Pose virile et rituel des scènes de „chasse” pour les uns (s’agit pas d’avoir l’air d’une sotte ou d’une folle qui glousse...), respect de l’anonymat pour d’autre : la parole révèlerait l’autre alors que ce que l’on désire, c’est le fantasme projeté sur l’autre et non l’autre réel - „Surtout tais-toi, je veux pas savoir qui tu es !”.

Mais cette ambiance lourde des backrooms, si on allait en chercher l’explication dans le poids de la morale judéo-chrétienne ? Les backrooms seraient alors un espace honteux où l’on s’adonne à des pratiques que la morale réprouve en adoptant une attitude en rapport avec la transgression. Les backrooms sont présentées comme le produit de la civilisation judeo-chrétienne, il n’y a pas de backrooms dans les autres civilisation (hummm... à vérifier peut-être...). Pour d’autres, le seul lien qu’il y a entre la morale judéo-chrétienne et les backrooms ce sont les prêtres qu’on y trouve. Les backrooms sont avant tout un lieu de liberté où l’on peut se laisser aller aux explorations les plus diverses et aux rencontres les plus multiples.

Mais dans cet espace sombre et anonyme quid de la prévention, enfile-t-on avec ou sans préservatif ? D’emblée on précise que les pratiques dans les backrooms sont le plus souvent masturbatoires, voire orales mais plus rarement anales. Pour certains, la prévention est une question de responsabilité personnelle, chacun décide de mettre ou de ne pas mettre un préservatif, d’accepter une pénétration sans capote. Pour d’autres, il y a une responsabilité collective dans le chef des tenanciers de bar à backroom : il n’y a pas d’effort systématique de mise à disposition de capotes dans les endroits où ça baise et il n’est pas toujours évident, quand l’action est entreprise, de stopper tout, d’aller au bar et de demander une capote et un peu de gel, si possible. On nous dira par la suite que si on met des capotes partout les gens s’en mettent plein les poches...

Olivier Plasman



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