Vies brûlées – Plata Quemada

2000
125'
Argentinavo: es

Synopsis

C'est dans l'Argentine de la junte militaire que nous entraîne ce thriller de Marcelo Piñeyro, tiré du roman homonyme de l'écrivain argentin Ricardo Piglia. 1965, Buenos Aires : deux gangsters professionnels, Angel (Eduardo Noriega) et El Nene (Leonardo Sbaraglia), les « jumeaux », s'apprêtent à prendre d'assaut, avec un acolyte (El Cuervo, Pablo Echarri), un transport de fonds officiels. « Jumeaux » ? Ils n'ont de lien par le sang que de celui qu'ensemble ils ont fait couler. Depuis leur rencontre à la sortie de prison d'El Nene, une complicité fusionnelle s'est nouée entre les deux amants. Mais Angel traverse des crises de mysticisme paranoïaque où les voix qu'il entend le coupent de son entourage. Pour le sortir d'une de ces mauvaises passes, El Nene accepte de participer au casse que monte le mafieux Fontana. Les choses tournent au plus mal, le carnage fait plusieurs morts, Angel prend une balle à l'épaule. Le trio et son commanditaire doivent prendre la fuite. Leur cavale, ponctuée de huis clos tendus, les conduira à Montevideo (Uruguay), sous la houlette malveillante d'un haut fonctionnaire de police corrompu. Inspiré d'un fait divers réel, cette course contre la mort, nous donne l'image d'une homosexualité mâle, latine, fondue dans le mythe passionnel de « Bonnie and Clyde ». La pression qui pèse sur les quatre fuyards nous vaut des échanges parfois violents. Le drame, noué subtilement, se dénoue avec l'éclat outrancier du cinéma sud-américain : « En matière d'exagération, Marcelo Piñeyro n'a manifestement de leçon à recevoir de personne, et l'équipée malade de son couple (...) s'accomplit en une geste crépusculaire empruntant aussi bien aux films de pègre américains qu'au climat d'apocalypse tropicale des premiers opus du Mexicain Arturo Ripstein. » (Libération, 14 février 2001). Outre une photographie parfaite, le jeu des acteurs principaux vaut le détour : Eduardo Noriega, étoile montante du cinéma espagnol (découvert dans Tesis d'Alejandro Amenabar), et Leonardo Sbaraglia, acteur fétiche de Piñeyro, forment un couple étonnamment juste. Pas une once de doute quant au personnage autiste et suicidaire composé par le premier. Pas une once de doute quant à l'amant éperdu et perdu incarné par le second. « Plata Quemada » a obtenu en Espagne le Goya du meilleur film hispanophone étranger.

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